Nous comprenons bien que notre cerveau contrôle nos comportements. En retour nous ne réalisons pas toujours combien nos comportements peuvent modifier notre cerveau : Comment s’exerce cette double influence (Cerveau/comportement et comportement/cerveau)?

Précisons d’abord deux concepts. Les cellules nerveuses du cerveau (les neurones) communiquent entre elles par des jonctions (les synapses). Lorsque les synapses sont sollicitées elles se renforcent, lorsqu’elles sont inactives elles disparaissent. C’est ce qu’on appelle la plasticité neuronale. Ce processus permet d’ajuster les connexions en permanence toute la vie, et de s’adapter à un environnement intérieur et extérieur fluctuant.

De plus, les mammifères que nous sommes conservent en partie la capacité de produire de nouveaux neurones toute leur vie dans certaines structures cérébrales comme l’hippocampe (mémoire) ou le cortex olfactif (odorat). D’après des recherches récentes la production de neurones est augmentée par l’exercice ou l’apprentissage mais elle est diminuée par le stress chronique, la dépression, l’alcool, ou l’isolement social.

La plasticité des connexions, d’une part, et le renouvellement des cellules, d’autre part, font que tous les cerveaux sont différents et tous sont en perpétuelle construction. A chaque instant lorsque nous apprenons la musique ou évoquons un souvenir d’enfance, par exemple, des circuits nerveux se renforcent alors que d’autres disparaissent. Ce processus physiologique est soumis à l’influence de facteurs génétiques pour environ 15% et épigénétiques pour environ 85%. L’épigénétique fait référence à la façon dont l’expression des gènes est modulée par nos comportements (nourriture, exercice, gestion du stress, plaisir, réseau social).

Un exemple très simple de cette modulation c’est la respiration. Elle apporte l’oxygène et évacue le gaz carbonique de façon automatisée mais nous pouvons aussi respirer volontairement en décidant par ex d’accélérer ou de ralentir le rythme respiratoire.

Le souffle représente une interface efficace pour agir sur nos comportements en douceur. Lorsque des états émotionnels comme:

  • – la panique (avec une respiration courte, rapide et superficielle)
    ou la colère (avec des respirations longues et forcées nous envahissent nous pouvons décider de faire une série d’inspirations et d’expirations longues et profondes.

Les scientifiques s’accordent pour dire que l’apaisement induit par cette respiration volontaire proviendrait d’un changement d’équilibre entre le système nerveux sympathique et le système nerveux parasympathique. Le rôle de la respiration dans les pratiques corporelles est connu depuis des milliers d’années. En yoga on dit que la respiration relie le corps et l’esprit. Pas étonnant donc que si vous pratiquez la méditation vous soyez régulièrement invités à centrer votre attention sur la respiration.