Les impulsions électriques (appelés potentiels d’action) permettent aux cellules nerveuses (les neurones) de transmettre des informations à l’intérieur du système nerveux et vers les autres systèmes physiologiques du corps. Ainsi, les organes et fonctions corporelles sont régulés par des circuits nerveux par le biais des potentiels d’action. Ces circuits nerveux possèdent deux caractéristiques qui font d’eux des cibles privilégiées pour les interventions thérapeutiques. D’abord il est possible de cibler des cellules ou un faisceau ou un groupe de cellules nerveuses sur lesquelles on souhaite intervenir de façon ponctuelle et ensuite, il est possible d’intervenir en contrôlant la séquence des potentiels d’action, c’est-à-dire en modulant par exemple la fréquence des décharges nerveuses dans un but thérapeutique.

Aujourd’hui la neuromodulation thérapeutique est devenue une thérapie de choix dans de nombreux désordres cérébraux dans les domaines aussi divers que les troubles de l’action, de la cognition et des émotions. On parle aujourd’hui « d’approche électroceutique» comme on parle d’approche pharmaceutique ! Cette approche électroceutique pourrait contribuer à améliorer le traitement de maladies comme l’hypertension, le diabète, l’obésité, les problèmes cardiovasculaires, pulmonaires et vasculaires et même à contrôler l’inflammation. On connait déjà les pacemakers et les défibrillateurs qui sauvent chaque année de nombreuses vies, mais il existe aussi des stimulateurs du cerveau (maladie de Parkinson), des stimulateurs des nerfs sacrés pour retrouver le contrôle de la vessie, ainsi que des stimulateurs du nerf vague pour améliorer l’épilepsie et l’arthrite rhumatoïde.

Ces interventions sur la circuitrie nerveuse humaine deviennent de plus en plus précises mais nécessitent une collaboration étroite entre de nombreuses disciplines scientifiques. Les avancées sont réelles et laissent entrevoir de nombreuses possibilités thérapeutiques à condition qu’un partenariat public-privé innovant, solide et efficace soit mis en place. Avis aux intéressé·e·s !

Référence : Famm K et al. Nature. 2013 April 11; 496(7444): 159–161. doi:10.1038/496159a.

Pour aller plus loins, découvrez notre projet Corstim qui a pour objectif de trouver une thérapie pour certains désordres cérébraux.